
Denis vivait à 200 miles à l’heure et il est à parti à 200 miles à l’heure. Qu’est-ce qu’il est allé faire de l’autre bord? On présume quelques réparations majeures à faire dans le ciel. On l’entend déjà dire «c’pas d’même», «laisse faire», «débarrasse» ou «c’pas fort». Espérons que Jack Daniel n’est pas dans son département parce qu’ils vont attendre longtemps après leurs réparations!
Papa était à la fois un homme droit et un tit peu croche de temps en temps. Fidèle à lui-même dans tout ce qu’il entreprenait, avec lui, il n’y avait pas de demi-mesure. Il laisse derrière lui de nombreux souvenirs et moments précieux pour tous ceux qu’ils l’ont côtoyés. À la fois patient et impatient, comique et sérieux, c’était un homme exceptionnel. Il était un modèle pour bien des gens et nous croyons qu’il est pratiquement impossible de faire un hommage à la hauteur de ce qu’il était.
Denis était partout. Il était proche de sa famille et de ses racines. On n’attendait pas après lui et il ne fallait surtout pas le faire attendre. Il était toujours prêt, que ce soit pour une activité ou bien pour aider. Lorsqu’il était question de sa famille et de ses amis, il ne comptait jamais son temps. Y’en as-tu réparé des chars à la lampe de poche, juste pour que nous, ses filles, ne soyons pas dans trouble le lendemain matin. Et que dire de l’entrée de nos chums dans la famille! Ils avaient d’affaire à bien se tenir, mais peu importe ce qu’ils faisaient, il n’existait que 2 catégories pour notre père : téteux ou cheap!
Un gars de party et un cook exceptionnel. Sa pizza (qui selon lui était la meilleure au monde), sa sauce à spaghetti, ses pains à la viande : il éclipsait presque toutes ses sœurs. Il était d’une générosité sans limite. Il adorait inviter tout le monde à manger et s’occuper de tout pour ne pas déranger sa Biggy. Il ne fallait surtout pas être dans ses jambes et fermer nos boîtes, et ce, même si c’était un peu brulé! Et fallait s’attendre à descendre du bois après le souper…
Papa était toujours occupé, mais il n’a jamais hésité à prendre du temps pour les autres, à l’exception de son samedi matin réservé à son précieux déjeuner avec Paul ou Clex. Quand nous avions un problème, il nous invitait à prendre un café pour qu’on puisse en discuter. Il ne nous disait jamais quoi faire, il ne nous jugeait jamais, il nous guidait, tout simplement.
Et que dire de son boulot de professeur! Tous les matins, il sortait son cric-cric de son garage chauffé pour se taper 1heure de route, mais pour aller faire ce qu’il adorait. Claudia se rappelle de sa visite guidée à sa nouvelle école. Il était tellement fier de son travail qu’elle a eu presque envie d’étudier en électro-mécanique. Elle se rappelle encore qu’il lui avait demandé d’attendre que les cours reprennent pour qu’elle puisse aller aux toilettes afin d’éviter les niaiseries de ses élèves, en très grande majorité masculins!
Bouffon à sensation, il pouvait tenir une audience en haleine et les faire rire jusqu’aux larmes, surtout Gros-Maman, sa belle-mère qu’il adorait. Il aimait agacer autant ses filles, neveux, nièces que ses frères et sœurs. On s’est tous déjà fait chatouiller par «MonkDenis» ou subit le cruel «le le le mouillé ». Pour l’arrêter, il fallait simplement chanter une chanson ou attendre qu’un adulte se tanne de nous entendre crier. Et puis, qui n’avait pas de surnoms? Denis rebaptisait pratiquement tout le monde qu’il connaissait.
Le regard vif, l’énergie d’un turbo, l’entêtement d’un gros beu.
Puisque notre père avait de la difficulté à payer pour faire faire quelque chose qu’il lui était possible d’accomplir lui-même, il était devenu un homme à tout faire. De ses p’tits carreaux de céramique dans sa salle de bain, de la réparation de sa vieille moto ou de son gros trailer à son arbre à abattre dans sa cour, il nous a montré qu’il était vraiment collaté! Lui, il savait monter un meuble IKEA sans plan! Papa n’était pas un envieux, car c’était sans doute le mieux outillé de la gang, mais la grosse patente du beau-frère le faisait suer!
Denis adorait faire des surprises. Tout le monde se souviendra des nombreux voyages qu’il a effectués au Texas, en débarquant chez sa sœur Sylvie, sans même avertir. De sa Harley, qu’il a acheté sans le dire à personne et de la planification du merveilleux voyage à Walt Disney qu’il nous a caché pendant de nombreuses années. Par contre, c’était toute une autre histoire lorsque nous voulions à notre tour lui offrir un cadeau, car presque jamais, c’était celui auquel il s’attendait! C’était quoi donc papa, la maudite bébelle que tu voulais au Costco?
Il était aussi un grand fan de la poutine et nous avons vite découvert cette faiblesse! Une régulière et une ”guedille” suffisaient pour remercier 5 heures d’ouvrage ou encore pour obtenir un plein d’essence gratuitement. Il n’acceptait jamais d’argent, mais il ne pouvait pas dire non à une poutine comme paiement!
Il ne fallait pas prendre de détour avec lui, il n’y avait toujours qu’une seule réponse possible à ses questions et un seul chemin pour trouver le bonheur. Heureusement, il a partagé ce chemin avec tout son entourage et il a laissé une trace de lui dans nos cœurs, mais attention de ne pas être penché sur son chemin, car un ti-tite ne tardera pas!
Il était un passionné des voyages à moto, seul ou en compagnie de Maurice, Tito ou Létourneau mais son plus beau voyage, il le fera sur les ailes d’un ange. Les cheveux dans le vent, en fait, ce qu’il lui restait de cheveux! Avec un petit sourire en coin, en se moquant des obstacles car pour lui, il n’y en avait pas.
Papa nous aimait, mais par-dessus tout, il adorait Maman. Leur amour était palpable. En fait, l’amour qu’a porté notre père à notre mère est sans doute la plus belle image qui reste dans notre cœur. Pour nous, ils représentaient le véritable amour, l’Amour avec un grand A, que toute personne cherche, et eux, les chanceux, ils l’avaient trouvé. La chose la plus certaine au monde, c’est qu’il adorait sa Biggy…
Il était fier de sa famille parce que c’était, selon lui, la plus belle chose qu’il avait accomplie. Il nous disait souvent qu’il était riche grâce à nous. Nous étions sans doute sa bande de noune préférée!
Son cœur a cessé de battre, mais son souvenir ne s’effacera jamais. On l’entend même nous dire : C’est quoi la prochaine activité?
Salut Papa!
Salut Denis!
Salut Ti!
Salut Champion!
Salut Paul!
Tes filles qui t’aiment et qui t’aimeront toujours : Caron, Maurice, Sex et Crochonne.

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